* Mon âme au diable *

* Mon âme au diable *
Il a pris mon coeur entre ses mains et l'a pressé jusqu'à en faire de la poussière. Il a marché sur ma fierté, puis est revenu en arrière, pour être sûr qu'elle était belle et bien réduite à néant. Et je l'ai laissé faire, contemplative du spectacle qui se déroulait sous mes yeux. Je le voyais agir en maître sur mon âme, sur ma raison, sur mes sentiments, et je restais plantée là, comme assise sur un fauteuil de cinéma peu confortable.
Pas un mot n'est sorti de ma bouche, pas une phrase n'a coulé de l'encre de mon stylo, pas un caractère ne s'est inscrit sur l'écran blanc de mon bloc note virtuel. Je n'ai rien sû dire, je n'ai pas pû articuler la moindre peine ou une once de colère. Il m'a tuée, là dedans. Il a pris la joie, la rage, la souffrance, la félicité, les rires et les pleurs, pour ne faire de moi qu'une ombre aux cheveux bouclés et à la jupe courte.
Je suis passée par bien des états, à hurler de douleur la nuit, à faire semblant de rire le jour, à courir sans but pour m'éloigner de ce qui me rongeait à l'intérieur, de ce qui brûlait mon âme et mes pensées. Je suis devenue vide, une véritable amphore sans rien à l'intérieur. Un fantome aurait eu l'air plus vivant que moi, silhouette déambulante et désemparée devant celui qui cherche à s'enfuir sans crier gare.
J'ai arrêté de manger, après tout, pourquoi se nourir quand on n'est plus que l'enveloppe d'un coeur qui saigne et d'un cerveau qui pleure? J'ai arrêté de sourire aussi, parce qu'on ne fait pas semblant bien longtemps quand la peine vous prend au corps comme une fièvre qui ne s'arrête jamais de grimper. J'ai cessé de parler, pour ne plus avoir à expliquer aux incrédules pourquoi j'aimais ce type uniquement bon à me faire du mal, à m'utiliser comme la poupée trop jolie qu'on pensera ne jamais avoir, et que l'on casse en mille morceaux dès qu'on l'a obtenue, car elle détonne, au milieu des autres jouets.
J'ai mis ma vie sur pause, entre des parenthèses ressemblant étrangement à des oeillères bien épaisses, et je l'ai laissé me détruire bout après bout, larme après larme, cri après cri, me reprenant dans ses bras pour mieux me laisser tomber de plus haut la fois suivante. J'ai cessé d'exister, de trouver une raison de me lever le matin et de me coucher le soir, parce que sans amour à prendre ou à donner, j'étais devenue transparente, unitilisable et inutilisée. J'ai arrêté de croire que je valais mieux que ça, mieux que lui, mieux que ces hommes qui ne me respectaient pas, pour finir par penser que je ne méritais pas d'être respectée. J'ai laissé de côté l'idée que demain serait un jour meilleur, me sentant plus affaiblie que la neige en plein été, plus morne et décharnée que je ne l'avais jamais été.
On dira ce qu'on voudra, mais quand il est là je souffre, je saigne, je meurs. Je sens en moi cette blessure insoignable, cette plaie ouverte que je ne suis pas sûre de vouloir réparer, de me sentir mal comprise, de ne pas me sentir aimée. Il a brisé dans mon être la seule chose qui me donnait vie, l'espoir qu'un jour tout irait bien, que le passé n'était rien qu'un mauvais rêve, que je valais plus que ce que l'on m'avait laissé voir ou que j'avais bien voulu laisser paraitre. Il a fait disparaitre l'étincelle qui faisait ma personnalité, le piquant dans mon regard, la folie dans mes gestes, la drôlerie et la sagacité. Il a tout pris sans prévenir, et l'a dispersé comme mes cendres, à la mer, et chaque fois que son regard transperce le mien, je sens cette voix au fond de moi, ces mots fragiles et désespérés: tu m'as détruite, tu m'as abîmée, tu m'as dépossédée.



# Posté le jeudi 23 avril 2009 04:36

Modifié le lundi 04 mai 2009 19:51

* Les yeux au ciel *

* Les yeux au ciel *
Je n'arrive plus à écrire. Les mots viennent et sont emplis d'une tele douleur que les voir à l'écran m'enfonce une lame un peu plus profonde dans l'âme à chaque fois. Je ne peux plus poser de mots sur la peine sans la ressentir encore plus forte et vive, sans voir les blessures s'ouvrir de nouveau, sans que coulent sur mes joues les larmes que je ne sais plus réprimer.
Je cherche, je tourne en rond, j'efface et recommence, mais l'écriture ne soulage plus les maux. Je ne me sens pas soulagée d'un poids en remplissant des feuilles blanches, je ne supporte qu'une charge de plus sur mes épaules courbées. Un chagrin si pesant ne s'exprime pas avec des phrases, ne se soigne pas avec des métaphores, ne s'envole pas avec un vent de poésie.
Sans cesse j'essaie de combattre le vide, le vide de mon ventre que je ne nourris plus, le vide mon esprit qui ne sait plus ce qui est bon et ce qui mal, le vide entre mes mains qui n'ont plus personne à entourer et caresser. Je suis une coquille vide qui ne veut plus être remplie, je suis une ombre qui ne trouve plus la force d'affronter le soleil, je suis celle que j'ai toujours eu peur d'être: un vase plein de larmes salées, un courant d'air qui ne laisse plus aucune trace.

# Posté le samedi 23 mai 2009 11:48

* Je m'en remets, Adieu *

* Je m'en remets, Adieu *
I am bleeding without you, take me back.

# Posté le mercredi 27 mai 2009 08:31

Modifié le lundi 08 juin 2009 08:34

Je suis venu te dire que je m'en vais...

Et que je déménage ici, car je vais bien, vraiment bien.





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Je suis venu te dire que je m'en vais...

# Posté le mardi 28 juillet 2009 02:55