Je cherche, je tourne en rond, j'efface et recommence, mais l'écriture ne soulage plus les maux. Je ne me sens pas soulagée d'un poids en remplissant des feuilles blanches, je ne supporte qu'une charge de plus sur mes épaules courbées. Un chagrin si pesant ne s'exprime pas avec des phrases, ne se soigne pas avec des métaphores, ne s'envole pas avec un vent de poésie.
Sans cesse j'essaie de combattre le vide, le vide de mon ventre que je ne nourris plus, le vide mon esprit qui ne sait plus ce qui est bon et ce qui mal, le vide entre mes mains qui n'ont plus personne à entourer et caresser. Je suis une coquille vide qui ne veut plus être remplie, je suis une ombre qui ne trouve plus la force d'affronter le soleil, je suis celle que j'ai toujours eu peur d'être: un vase plein de larmes salées, un courant d'air qui ne laisse plus aucune trace.
